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Vivre, oser être, tomber, se relever


POÈME DE R. KIPLING : "IF"


Tout en évoquant auprès d'un de mes "coachés", la nécessité courageuse d'oser affronter ses peurs ou tout simplement de se confronter à la réalité pour désamorcer son mauvais cinéma intérieur qui justifie les comportements d'évitement et nourrit les angoisses, je me suis rappelée de ce poème de Rudyard Kipling : "IF"


Ma chère maman à qui je rends hommage par la même occasion, a lutté contre vents et marées avec une force morale, une force de vie, une force d'âme impressionnante, sculptée comme les rochers travaillés par la puissance des vagues et ce durant de longues années de maladie notamment.

Elle avait accroché au mur de sa chambre ce magnifique poème. Ces mots et ces vers étaient devenus sa feuille de route ou tout au moins un fil conducteur auquel se raccrocher quand elle vacillait.


 

"...Tu seras un Homme mon fils"

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ; Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, Et si tu peux aimer tous tes amis en frère, Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ; Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant ; Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront, Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis, Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire Tu seras un Homme, mon fils.
Rudyard Kipling (1910)
Adaptation en français d'André Maurois

Non Il n'y a pas de recettes miracle, de mode d'emploi à la naissance pour Être, Vivre sa vie, Oser devenir, déployer ses ailes, se relever après nombre de désillusions et d'écueils, rester debout et continuer à avancer malgré tout.

Ce poème parle magnifiquement de notre Condition Humaine, traçant un chemin ardu mais offrant la plus noble des récompenses.

À méditer....



Voici la version originale en anglais :


If you can keep your head when all about you Are losing theirs and blaming it on you, If you can trust yourself when all men doubt you, But make allowance for their doubting too; If you can wait and not be tired by waiting, Or being lied about, don't deal in lies, Or being hated, don't give way to hating, And yet don't look too good, nor talk too wise: If you can dream - and not make dreams your master; If you can think - and not make thoughts your aim; If you can meet with Triumph and Disaster And treat those two impostors just the same; If you can bear to hear the truth you've spoken Twisted by knaves to make a trap for fools, Or watch the things you gave your life to, broken, And stoop and build 'em up with worn-out tools: If you can make one heap of all your winnings And risk it on one turn of pitch-and-toss, And lose, and start again at your beginnings And never breathe a word about your loss[es]; If you can force your heart and nerve and sinew To serve your [or our] turn long after they are gone, And so hold on [to it] when there is nothing in you Except the Will which says to them: 'Hold on!' If you can talk with crowds and keep your virtue, ' Or walk with Kings - nor lose the common touch, if neither foes nor loving friends can hurt you, If all men count [on you,] with you, but none too much; If you can fill the unforgiving minute With sixty seconds' worth of distance run, Yours is the Earth and everything that's in it, And - which is more - you'll be a Man, my son!

Rudyard Kipling (1910)

16 vues1 commentaire

1 comentário


nawal.robinet
27 de jun. de 2022

Merci Sabine de partager ce beau poème. Toi même par ton humour et ton courage pendant ces deux dernières années de Covid qui ont chamboulé ton activité de prof de yoga, tu nous as donné un exemple à suivre.

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